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Confessions d'une accro du shopping
Il n’est pas toujours facile de trouver chaussure à son pied... Epuisé par le train-train quotidien? Largué par votre cher et tendre? Attristé par la grisaille? La recette magique pour se remonter le moral: le shopping!
Enfin, c'est en tout cas la devise de Becky Bloomwood (Isla Fisher), une jolie Londonienne de vingt-cinq ans. Journaliste financière dans un journal peu glorieux, elle passe ses journées à conseiller ses lecteurs sur la façon de gérer son argent au quotidien.
Mais voilà, elle dépense le sien sans compter, tout y passe: chaussures, vêtements, maquillages et accessoires luxueux en tout genre. Alors quand son banquier décide de bloquer ses cartes de crédits, c’est l’apocalypse!
Une seule question nous vient à l’oreille: mais va-t-elle résister à l’appel des soldes?
INTERVIEW EXCLUSIVE DE SOPHIE KINSELLA
Sophie Kinsella, productrice adjointe du film, a elle-même été journaliste financière pendant une brève période, avant de se tourner vers le roman. Elle est l’auteur de la série L’Accro du shopping et de romans individuels, dont Les Petits secrets d’Emma, Samantha, bonne à rien faire et Remember me? Elle a également publié quelques romans sous son vrai nom, Madeleine Wickham.
La romancière vit à Londres avec son époux Henry et leurs trois enfants : Freddy (12 ans), Hugo (11 ans) et Oscar (3 ans).
Grande, jolie, mince, aux longs cheveux bruns, Sophie Kinsella respire l’élégance lorsqu’elle arrive pour notre interview. Elle porte une tenue Paul Smith : top en soie écru bordé de dentelle noire, pantacourt noir. Ses escarpins à bride, semelle compensée et strass sont signés Beverly Feldman pour Russell and Bromley. Parfaitement à propos, la semelle des chaussures porte l’inscription too much is not enough (trop n’est pas assez). « Quand je les ai vus, j’ai immédiatement su que je devais les porter pour cette interview », commente-t-elle en riant. « Ils m’ont interpelée».
Q : De quoi vos histoires sont-elles inspirées ?
R : « À une époque, je dépensais de l’argent et j’étais frappée d’amnésie chaque mois, à l’arrivée de ma facture VISA. C’est ce qui m’a inspiré ce personnage. Je disais « Mais qu’est-ce que c’est que ça ? Qu’est-ce que je vois là ? Je ne me rappelle pas être allée dans ce magasin et avoir acheté ça ! ». C’est cette espèce de déni total que nous vivons toutes. Je disais à mon mari que je n’avais jamais mis les pieds dans ce magasin et que c’était n’importe quoi. C’est lui qui me rafraîchissait la mémoire et là, j’étais soudain prise d’angoisse. Je m’en suis servie comme point de départ pour Becky, cette fille un peu farfelue qui adore faire les magasins. L’élément comique était clair à mes yeux. Je me suis beaucoup inspirée de mon attitude vis-à-vis du shopping et des frissons de bonheur qu’il me procure. »
Q : Êtes-vous vous-même uniquement tentée par les vêtements ?
R : « Oh non. C’est ce dont Becky parle dans le livre ; elle passe d’une lubie à une autre : maquillage, chaussures, vêtements, coussins… c’est tout moi. J’achète tous les vêtements dont j’ai besoin, puis je me dis que ça suffit, mais je décide ensuite que j’ai besoin de plus de maquillage et qu’il y a une lampe que je dois acheter, ou un tapis et puis que j’ai besoin d’outils de jardinage. Et ainsi de suite. J’adore les vêtements, mais j’aime aussi visiter les musées et il est clair qu’il serait impensable de ne pas faire d’achats à la boutique du musée. Je me justifie en me disant que c’est culturel parce que je fais mon shopping dans un musée. J’oublie souvent ce que j’ai acheté. Il m’arrive d’acheter des cadeaux de Noël pour des amis et de les ranger dans un placard. Quand Noël arrive, ils dégringolent du placard et je me rends compte que j’ai acheté trois choses pour la même personne. »
Q : Toujours à propos du shopping, pouvez-vous révéler votre moment le plus drôle ?
R : « J’avais vu un manteau en shearling beige, clouté, absolument magnifique, que je voulais à tout prix pour mon anniversaire. Un Max Mara, vraiment spécial. J’avais l’intention d’y faire allusion et de dire à mon mari que ce serait un très joli cadeau. Je l’avais essayé et demandé au magasin de me le mettre de côté. Et puis le magasin m’a appelée pour me dire qu’une autre cliente voulait le manteau et qu’il était sur le point d’être vendu. Paniquée, j’ai dit à mon mari qu’il fallait y aller tout de suite. Nous avons vite fourré le bébé dans le landau et carrément couru chez Max Mara pour qu’il puisse le voir et décider s’il allait me l’acheter. Le pauvre bébé faisait des bonds dans tous les sens. Mon mari a aimé le manteau, on l’a acheté et j’étais très contente. »
Q : Parmi toutes vos virées shopping, laquelle est pour vous la plus mémorable ?
R : « Nous sommes parties entre filles à Washington DC, rendre visite à une amie qui vivait là-bas. Nous avons fait les magasins, puis nous sommes allées voir un film immédiatement après et nos achats prenaient carrément une rangée de sièges entière. Le shopping est un excellent moyen de se rapprocher de ses amies. J’adore. »
Q : Laquelle de vos expériences shopping a été la plus excitante ?
R : « Un jour, j’avais dit à mari que je devais vraiment me concentrer et écrire. En plein milieu de mon travail, j’ai décidé de sortir prendre un café. Rien d’inhabituel jusqu’ici. En passant par hasard devant une vitrine, j’ai remarqué une incroyable robe du soir Jenny Packham, pailletée, avec une traîne. Elle était en soldes à 500 livres au lieu de mille et je n’ai pas su résister à l’envie. Elle n’était pas exactement bon marché, mais à moitié prix, c’était une affaire incroyable. Comme c’était la seule en magasin et qu’elle était à ma taille, je me suis dit que c’était un signe du destin. J’étais dans la cabine d’essayage lorsque mon mari m’a appelée pour me demander comment mon travail avançait. « Tu arrives à te concentrer ? » m’a-t-il demandé, inquiet. « Je suis vraiment content que tu avances ». J’ai répondu « Oh oui, ça se passe très bien » en faisant signe aux vendeuses de ne pas faire de bruit. Je me suis sentie très mal à l’aise. Quand elles m’ont demandé pour quelle occasion j’achetais la robe, j’ai répondu qu’il n’y avait pas d’occasion spéciale et que je l’achetais parce qu’elle me plaisait beaucoup. Elle m’allait à la perfection, donc je l’ai achetée. Puis mon agent a organisé une fête en mon honneur. Personne d’autre ne portait de robe longue à paillettes mais cela m’était complètement égal et je me sentais très bien dans la mienne. »
Q : Avez-vous trop d’une chose ou d’une autre dans votre garde-robe ?
R : « J’ai probablement trop de chaussures, bien que je ne croie pas que l’on puisse avoir trop de chausseurs. J’ai peut-être trop de t-shirts blancs. Je suis une pie. J’aime beaucoup de créateurs et j’ai toutes les marques. Je suis très volage sur ce plan-là. »
Q : Y a-t-il un article dans votre garde-robe dont vous ne sauriez pas vous passer ?
R : « Cela change tous les mois. En ce moment, j’ai un sac ravissant que j’adore. Je l’avais vu chez Prada pendant le tournage du film à Miami. J’ai mis mon nom sur la liste d’attente et ils m’ont donné un petit coup de pouce, donc j’ai eu le sac et j’en suis folle. Prada est actuellement ma marque préférée. »
Q : Y a-t-il quelque chose que vous regrettez dans votre garde-robe ?
R : « J’aimerais pouvoir dire non, mais il m’arrive de faire des achats très étranges sous influence hormonale. J’ai une paire de chaussures affreuses… tout simplement affreuses. Je ne sais pas ce qui m’a pris. Ce sont des chaussures à semelle compensée, avec des brides et des fanfreluches qui entourent la jambe, et un trou qui traverse le talon. Elles font très prostituée, mais elles étaient en soldes et je me suis dit que je pourrais les porter pour une fête spéciale. Elles sont dans mon dressing, à ne rien faire. C’est honteux. »
Q : Faites-vous les magasins partout où vous allez ?
R : « Partout. On trouve toujours quelque chose partout où l’on va. J’étais en vacances en Oman assez récemment, et ils vendaient des châles magnifiques un peu partout. Je ne porte jamais de châle mais ceux-là me captivaient. Je me demandais pourquoi je n’en avais jamais acheté et je me suis dit que ce serait ma nouvelle mode. « Les gens vont t’appeler la fille au châle » m’a dit mon mari, et j’ai pensé que j’étais vraiment en train de me métamorphoser en Becky Bloomwood. Bref, j’en ai acheté trois et je n’en ai porté qu’un. Lorsque l’on voit quelque chose et que l’on a soudain une nouvelle image de soi, on se laisse très facilement emporter. Je m’étais dit que je ressemblerais à une princesse bédouine avec mes ravissants châles en cachemire... pas vraiment ! »
Q : Comment votre mari vit-il votre rapport au shopping ?
R : « Il en est venu à comprendre mon amour du shopping. Il est adorable. Il vient parfois avec moi et essaie d’avoir l’air intéressé. Il fait beaucoup d’efforts mais il n’y arrive pas. Pour lui, le shopping prend une demi-heure. Il fait ça très bien, mais il achète deux costumes et dix chemises et un point c’est tout. Là est toute la différence. Pour les hommes comme lui, le shopping est une mission. Vous achetez ce qu’il vous faut et c’est tout pour le reste de l’année. J’ai sans cesse besoin d’autre chose. Je peux faire une multitude d’achats, remplir mon dressing et me dire que cela suffit… puis je passe devant une boutique et je vois un petit sac sympa qui me fait trop envie. Là est la différence entre les hommes et les femmes. »
Q : Quels conseils donneriez-vous aux hommes qui partagent leur vie avec une femme accro du shopping ?
R : « Je pense qu’ils devraient faire preuve de tolérance, et franchement, qu’ils devraient tous lire L’Accro du shopping pour comprendre comment les femmes fonctionnent. Si vous ne voulez pas faire les magasins, ne venez pas. Il n’y a rien de pire dans un magasin que le spectacle de cinq ou six hommes à l’air martyrisé au milieu de toutes les femmes. Ils ne doivent pas oublier qu’eux aussi dépensent de l’argent pour se faire plaisir. Je pense aux rencontres sportives, aux soirées au bar ou aux jeux d’argent. Il y a aussi l’ordinateur. Ils achètent beaucoup de choses qui coûtent cher. Chaque fois que mon mari me demande si j’ai vraiment besoin d’une autre paire de chaussures, je lui demande si l’ordinateur a vraiment besoin d’être encore plus sophistiqué ! »
Q : Enfin, quels conseils donneriez-vous aux accros du shopping ?
R : « Faites-vous un petit plaisir si vous avez vraiment besoin de faire les magasins. Au lieu d’acheter le sac Chanel, achetez le rouge à lèvres Chanel ; vous aurez ainsi tout le plaisir de l’emballage, que nous adorons toutes bien évidemment, et celui de l’expérience, que nous adorons aussi. Choisissez un magasin que vous aimez, flânez, admirez et régalez-vous ; puis dirigez-vous tout droit vers le rayon maquillage et achetez une ombre à paupières à la place d’une tenue complète. Vous vous ferez tout de même plaisir. Rien ne sert d’arrêter tout d’un coup et d’être en manque. »
Confessions d'une accro du shopping sort le 18 mars prochain.

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