Mardi 12 Février 2013

Rencontre: Rose Alexander ou l'histoire d'une fille qui en veut

Sandra Cornant, CEO de Rose Alexander, est belge. Son histoire est celle d'une fille volontaire qui a décidé d'attaquer la vie de face. Sa marque de chaussure de luxe est née de sa détermination. Rencontre avec cette amazone urbaine pas comme les autres.

Comment es-tu entrée dans l'univers de la chaussure ?

La chaussure est une passion née dès l’enfance. Ma maman avait un magasin de chaussures qui portait mon nom et qui est devenu une marque par la suite. A 6 ans je devais porter des chaussures orthopédiques du à un léger décalage de hanches. J’étais très triste de ne pas pouvoir porter les magnifiques chaussures que ma maman vendait à toutes ces petites filles avec des nœuds, des rubans. Je pense qu’être privé de quelque-chose renforce le fait d’en apprécier l’essence.

La vie m’a emmené vers d’autres secteurs, des jobs « bien comme il faut » mais sans jamais m’offrir un épanouissement. Je savais que ma place n'était pas là. Avec la crise je me suis retrouvée sans emploi. J’ai du procéder à une profonde introspection. Que voulais-je vraiment faire dans la vie, quel était le job qui allait me rendre heureuse dès le matin? A force de réflexions, mêlant ma passion, mes goûts et mes expériences, j’ai enfin trouvé : créer ma propre marque de chaussures.

Quelles ont été les principales difficultés rencontrées pour lancer ton business ?

Il y a eu énormement de difficultés car créer une marque de chaussures de luxe est excessivement coûteux et compliqué. La première difficulté à d’abord été financière. Trouver des fonds a été mon premier combat. J’ai monté un plan financier précis à l’aide de professionnels pour ensuite le présenter à une banque. Ils m’ont suivi, ils croient en la marque et à mes capacités à diriger une entreprise. La deuxième grosse difficulté a été de trouver les fabricants qui soient capables d’atteindre un niveau de perfection dans toutes les finitions. Mais aussi qui acceptent de produire pour une nouvelle marque et ce, en très petites quantités. Les bonnes adresses sont surchargées de demandes. Il est très compliqué de s’introduire dans leur système et de les convaincre du potentiel futur de la marque.

Qui gère de la création chez RA?

Rose Alexander c’est avant tout une histoire d’amitié entre deux femmes différentes et complémentaires qui arrivent ensemble à trouver l’équilibre parfait, tant au niveau personnel que professionnel. Nous créons tout ensemble de A à Z, Taina Fareleiro dessine nos collections sur papier et nous venons de completer notre équipe de création par une talentueuse designer de New York qui effectue tous les dessins techniques destinées à la production. Toutes les décisions sont prises ensemble en tenant compte des avis de chacun. S’il y a une une impossibilité de trouver un terrain d’entente commun, (ce qui n’est encore jamais arrivé), c’est à moi que reviendrait la décision finale.

Taina Fareleiro

Est ce que le label "créateur belge" peut être utilisé dans ton cas ?

Oui bien sûr et d’ailleurs c’est avec une grande fierté que je me définis en tant que marque belge de chaussures de luxe. Si je ne me trompe pas, c’est la seule présente au sein de notre plat pays. Les Belges ont une excellente réputation à l’étranger, gage de sérieux et de qualité. Il serait plus évident si nous étions une marque française ou italienne par exemple. Mais les difficultés ne nous font pas peur ;-)


Comment fais-tu pour atteindre ta cible si particulière?

On fait rêver les gens autour d’un concept. Rose Alexander, ce n’est pas juste une marque de chaussures de luxe parmi d’autres mais c’est un univers qui est transmis par un concept unique. Nous approchons de notre cible par le biais d’évènements exclusifs organisés dans des endroits prestigieux. Le lancement de la marque a eu lieu à l’hôtel Martinez sur la croisette pendant le dernier festival de Cannes. Ensuite nous avons enchaîné avec un show exclusif dans un endroit ultra VIP à Ibiza. Les chaussures Rose Alexander ne sont pas faites simplement pour être portées mais pour être vécues. Dans ce sens, nous organisons des shows dans des endroits de prestige où les véritables stars sont les chaussures. Chaque endroit a un show créé par des chorégraphes et des ingénieurs lumière qui lui est propre. C’est une manière de toucher notre cible en plein cœur. Parallèlement à cela, nous avons une agence de presse belge qui a des relais dans les différents pays européeens que nous désirons toucher. Ils sont spécialisés dans la promotion de marques de luxe et font en sorte que nous soyons présents dans la presse haut de gamme.

Quelles sont les limites d'un produit de luxe?

 

Les limites d’un produit de luxe sont financières. Nous avons énormément d’idées sublimes mais plus elles sont poussées, plus elles coûtent chères. Nous voulons tout de même rester dans certaines limites de prix.

 

Parle nous de l'écrin et de son succès

L’ecrin est véritablement la pièce maîtresse de la marque. Tout est né de la scène du film de « Sex And the City 1 » lorsque John Big demande Carrie Bradshaw en mariage avec une paire de chaussures. Je me suis toujours dit que le packaging avait une immense importance et que cet élément manquait à la scène...J’ai toujours pensé que des boîtes en simple carton pour abriter les plus belles chaussures de luxe ne convenait pas.

De plus, mon côté pas trop conventionnel me disait « Pourquoi ne peut-on pas prouver son amour à une femme autrement qu’avec une bague de fiançailles » ?

Peut-on acheter des Rose Alexander en Belgique?

Les chaussures sont distribuées dans 2 magasins à Bruxelles, à Anvers et à Knokke. Pour l’étranger, la marque sera distribuée dans un magasin de luxe à Paris (confidentiel pour le moment car exclusivité), un à Marbella ainsi qu’à Ibiza.

Quelle est ta cliente type?

 

Elles ont entre 30 et 45 ans, elles ont une forte personnalité, sont actives, chic, aiment ce qui sort de l’ordinaire, passionnées de mode, un caractère bien trempé et un brin insolentes.

 

 

Sandra Cornant

Quel créateur correspond le mieux à l'univers Rose Alexander?

Sans aucune hésitation Tom Ford. Tom Ford a été une source d’inspiration pour nous dans la création de nos modèles.

Quelles sont tes sources d'inspiration ?

Mes sources d’inspiration sont partout et tout le temps. Toutes les scènes de la vie peuvent être le début de l’inspiration, cela peut venir d’une scène magique de la nature en passant par un défilé Tom Ford et pour terminer par l’architecture d’un immeuble qui assemble des materiaux originaux et contrastés.

Comment tu vois-tu dans 10 ans ?

Dans 10 ans, je veux rejoindre le groupe des grandes marques de luxe en tant que référence pour mes clientes et célébrités qui les porteront. Je les admire réellement pour leur parcours exceptionnel. Je suis bien placée pour savoir à quel point créer une marque de luxe est difficile et que traverser toutes les epoques en restant toujours au top tient presque du miracle. Mon objectif est que Rose Alexander rejoigne le groupe de Christian Louboutin, Jimmy Choo, Giuseppe Zanotti et Manolo Blahnik .

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geoffroy