Les fesses sont-elles les nouveaux seins ?
La poitrine opulente n’a plus la cote.
Désertés, les décolletés : le nouveau code de la féminité est celui sur lequel on s’assied.
Vous portez des prothèses mammaires ? Vous venez de rejoindre le clan des filles à mine basse dont l’image (quand ce n’est pas la santé) a souffert depuis le scandale des implants PIP. Un décolleté protubérant est devenu synonyme de corps étranger malsain, objet de tous les rejets (au propre comme au figuré). Ce vers quoi lorgnent désormais chasseurs de tendances, observateurs et chirurgiens esthétiques, ce sont nos fesses. Le « big butt » attire, et plus seulement sur les plages de Copacabana ou sur les vidéos « bootyshake » (littéralement « secouage de fesses ») postées sur YouTube par des créatures callipyges prêtes à tout pour émoustiller les plus blasés.
Les filles plantureuses au fessier rebondi donnent l’impression de dévorer la vie, de s’asseoir sur les diktats. Mais on ne se contente pas de vouloir du volume : ce que les nouveaux critères de l’esthétique exigent, c’est de la peau sans capitons. Des fesses, oui, mais avec un ventre extraplat et une taille de guêpe. La lingerie shapewear est la plus douce des méthodes. Triumph, Veritas, Dim, Playtex proposent des sous-vêtements gainants qui rendent le séant pimpant façon « Mad Men ». Plus trash, le bistouri.
Aux états-Unis, où la pose de seins en silicone a baissé de plus de 60 % l’an dernier, la demande d’implants fessiers a explosé. On passe sur le billard après avoir collé sous le nez d’un « spécialiste » une photo du séant de J-Lo (la première a avoir assuré ses fesses) ou Kim Kardashian. Cette dernière a d’ailleurs exposé à la face du monde une radiographie de son anatomie pour prouver qu’elle n’avait pas de silicone dans la culotte.
La technique et sa médiatisation obligent les chirurgiens d’ici à se mettre à la page : l’opération consiste en une incision verticale dans le pli des fesses pour glisser l’implant dans la moitié supérieure. Après deux heures dans le bloc et quelques semaines de convalescence, on est plus légère de 5 000 euros, on oublie l’effet « goutte d’huile » et on se donne l’impression de pouvoir rebondir en cas de chute dans l’escalier. Oui, mais ça reste un implant… En cas de doute, les plus prudentes s’adonnent au « micro fat grafting » : la graisse du corps est aspirée par une liposuccion lente et minutieuse, puis réinjectée dans les fesses via des piqûres.
Hématome, infections locales, douleurs, engourdissement, fonte graisseuse prématurée (et résultat ruiné), asymétrie et entre 6 000 et 9 000 euros de découvert bancaire. Ça coûte cher. Alors le marché parallèle s’affole et les agences de « tourisme médical » proposent en Bolivie, en Tunisie ou en Hongrie des forfaits « intervention + séjour en clinique + 10 jours dans un hôtel quatre ou cinq étoiles + consultations, anesthésie et frais de transfert depuis et vers l’aéroport » pour 2 000 euros. Et si on finissait plutôt le paquet de Pepito ?
JDB
Pour avoir des fesses en béton: 5 exercices pour les raffermir
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